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Un commentaire a été ajouté par MarieMichele :

« Les débuts de l’industrie du tabac Le tabac a d’abord été cultivé au Canada par les Pétuns, les Neutres, et les Hurons, des nations autochtones qui occupaient la péninsule du Sud-Ouest ontarien à l’arrivé des Européens. Au XVIIe siècle, il a été adopté par les colons français qui le cultivaient et le faisaient sécher à l’air libre, selon la méthode héritée des Autochtones, avant tout pour satisfaire leurs besoins personnels. La culture commerciale remonte à la fin du XIXe siècle, d’abord en Ontario puis au Québec, où la production de tabac - principalement la variété Burley ainsi que diverses variétés de tabac à pipe - figurait parmi les principaux secteurs de la production manufacturière, aux côtés de l’alimentation, du bois, du cuir, du textile et du vêtement. Au XIXe siècle, le tabac se consomme essentiellement sous forme de tabac à pipe, de tabac à priser (consommé en poudre par voies nasales), de tabac à chiquer et de cigares. La cigarette se popularise d’abord en Europe de l’Ouest, à partir de la guerre de Crimée (1854–1856), alors que des officiers anglais et français en rapportent après en avoir obtenues auprès de leurs alliés turcs. Deux inventions contribuent à réduire de façon spectaculaire les coûts de production : la machine à rouler, brevetée en 1881 par l’Américain James Bonsack, et utilisée à partir de 1884, et le procédé de séchage à air chaud du tabac, mis au point en Caroline du Nord par les frères William T. et Francis Gregory. Ce procédé, qui facilite la production de tabac Virginie qui convient mieux à la fabrication des cigarettes, est implanté au Canada dès 1900 par la Empire Tobacco Co. Ainsi s’amorce une transformation de l’industrie, avec une demande croissante pour les cigarettes (surtout à partir de la Première Guerre mondiale) et une diminution de la popularité des tabacs à chiquer et à pipe. Le tabac comme symbole d’affirmation sociale La période 1880-1930 demeure toutefois l’âge d’or du cigare, qui devient a contrario un moyen de distinction sociale de la part des élites. Alors qu’au milieu du XIXe siècle, il était encore mal vu de fumer en société, à la fin du siècle, le choix de la variété, de la marque et du mode de consommation du tabac est devenu une façon de construire son identité et de se distinguer socialement. Le cigare est alors non seulement un symbole (masculin) de richesse et de pouvoir, mais se répand la perception selon laquelle il ne peut être apprécié que par des connaisseurs et de gens « de goût », comme le rappelle l’historien Jarrett Rudy. La haute bourgeoisie cherche à se distinguer des nouveaux riches en fumant le cigare, tandis que les Canadiens français consomment plus fréquemment le « tabac canadien », produit selon la méthode traditionnelle. Avec la disparition du métier de cigarier et la commercialisation des « cigares à cinq sous » au début du XXe siècle, le summum de la distinction est le cigare importé de La Havane. Au Québec, la production de tabac à grande échelle (grâce au séchage à air chaud) débute dans les années 1930 : des séchoirs artificiels sont construits dès 1933 dans les principales zones de culture, situées dans la région de Lanaudière. D’émouvants enfants aux cigares Cette perception du tabac comme moyen de distinction, ainsi que l’ignorance ou l’indifférence de ses méfaits sur la santé (maladies vasculaires, emphysème, cancer du poumon), sont sans doute ce qui expliquent l’émotion que ressent de M. Simon, propriétaire de la manufacture de cigares montréalaise H. Simons & Son Limited, à filmer vers 1928-1930 avec sa caméra 16 mm deux de ses enfants, visiblement âgés entre 2 et 5 ans, avec… des cigares à la main. Ceux-ci, souriant à la caméra, trouvent eux-mêmes plaisir à imiter des fumeurs. Le confort dans lequel ils se trouvent suggère une mise en scène conçue par des adultes plutôt qu’un geste spontané. On remarque que l’un deux enfants est assis aux côtés d’une boîte métallique de Simon’s Havanna, une des marques de cigares produite par papa. Entre 1880 et 1930, la promotion des cigares produits au Québec et au Canada évoquent presque toujours des origines tropicales. Les compagnies de tabac s’efforcent de concevoir des étiquettes pour vanter les méritent de leurs cigares et promouvoir « l’expérience » de fumer. Il est vrai que le tabac à l’origine de leur fabrication provient souvent des Antilles, parfois de l’Amérique du Sud et de l’Océanie. Mais même pour des cigares produits de façon industrielle à partir de tabac cultivé au Québec et au Canada, il n’est pas rare que les étiquettes des boîtes laissent sous-entendre que leur contenu est cubain, en évoquant de fausses origines tropicales ou une confection artisanale, grâce à des marques à consonance espagnole, au recours aux appellations « Havanna » ou « Cuba » ou à des images stéréotypées (femmes caribéennes, palmiers, etc.). Le tabac comme enjeu de santé publique Les ventes de tabac bondissent entre les années 1920 et 1940. Bien qu’à la même époque, on commence à découvrir des preuves scientifiques des méfaits du tabac, celles-ci sont peu diffusées auprès du public et sont régulièrement contredites par des « opinions » financées par l’industrie du tabac, niant les effets négatifs du tabagisme. La première étude de grande envergure sur les preuves scientifiques de la relation entre le tabagisme et le cancer du poumon est publiée en 1950 aux États-Unis par le docteur Evarts A. Graham et son étudiant Ernest Wynder. De nombreux articles sur le cancer du poumon, notamment l’article « Cancer by the Carton » publié en 1952 dans le magazine Reader’s Digest, obtiennent un impact certain auprès du public. Cela amène les fabricants de tabac réagir dès 1952… en commercialisant la cigarette à filtre., que les fumeurs adoptent massivement, bercés par l’illusion (entretenus par de campagnes massives de publicités) qu’elle diminue les risques sur leur santé. Fumer pour s’affirmer Pourtant, les ventes de tabac ne cessent d’augmenter et surtout, la fonction d’affirmation sociale du tabac se maintient. Autrefois symbole d’appartenance à une catégorie sociale, il devient un symbole d’affirmation individuelle et d’indépendance, voire de rébellion, d’abord chez les femmes, puis chez les jeunes. C’est d’ailleurs avec une fierté certaines qu’un jeune homme (d’une douzaine d’années ?), dans les années 1950, exhibent fièrement, bien que légèrement aveuglé par le spot de la caméra 8 mm, un paquet de cigarettes Du Maurier Filter VIP (en anglais s’il-vous-plaît), produites par Imperial Tobacco Canada, devant les yeux d’un ami ou d’un membre de sa famille visiblement amusé. Le caméraman est-il également un enfant ? Dans tous les cas, la mise en scène suggère que la caméra 8 mm n’est plus strictement réservée aux tournages conçus par le père de famille soucieux de constituer des archives familiales, mais est parfois laissées entre les mains des enfants, qui trouvent plaisir dans le fait même de se filmer. Bien que le gouvernement fédéral reconnaisse dès 1963 les méfaits du tabac sur la santé, les perceptions et les habitudes de consommation ne change que très lentement, à partir des années 1960 (surtout 1970), grâce aux campagnes publiques d’éducation et à la législation, qui ont d’ailleurs les jeunes comme première cible : Le taux de fumeurs chute d’ailleurs presque de moitié chez les adolescents entre 1981 et 1992 et la vente de tabac aux mineurs est interdite en 1993. Vous pouvez aussi lire cet article de blogue de Yanic Viau au lien suivant: http://jailamemoirequitourne.historiatv.com/blogue/historiens/22533/limage-sociale-du-tabac »

Un commentaire a été ajouté par MarieMichele :

« Lisez l'article de blogue en lien avec ce webépisode au lien suivant: http://jailamemoirequitourne.historiatv.com/blogue/blogue/22520/fume-fume-fume-a-la-tele-aussi »

Un commentaire a été ajouté par Lucky :

« Et ne pas oublier que quand on était petit, nous aussi on aimait bien fumer des cigarettes... Popeye! C'était quoi cette idée d'ailleurs! »

Un commentaire a été ajouté par MarieMichele :

« Fume fume fume… À la télé aussi! Quand on regarde des films de famille, on voit des gens fumer partout, même à l’hôpital! On fume la pipe, le cigare et la cigarette! Joyeux trio! Autres temps, autres mœurs. Depuis le 1er juin 2006, plus de 230 000 fumeurs québécois ont écrasé : l’entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics du Québec aidant. Le ministère de la Santé soutient que le taux de fumeurs a atteint son plus bas niveau: 20 % de la population. C'est deux fois moins qu'en 1985. Mais, toute proportion gardée, il y a davantage de fumeurs dans les téléséries et au cinéma que dans la «vraie vie». Des chiffres datant de 2001 du British Medical Journal démontrent qu'on «fume trois fois plus souvent à l'écran que dans la vraie vie». Aux États-Unis, les cigarettiers sont prêts à payer gros pour qu'un acteur en vue fume à l'écran, surtout depuis que les interdictions de fumer se multiplient un peu partout. Selon la montréalaise Nadia Collot, réalisatrice du documentaire Tabac, la conspiration, Sylvester Stallone aurait signé un contrat secret de 500 000 $ pour se montrer la cigarette à la main dans cinq films. Les films américains qui présentent des fumeurs généreraient des profits de 894 millions $ par année aux cigarettiers, selon les estimations du Centre de recherche sur le tabagisme de l'Université de Californie à San Francisco, publiées dans le Medical Reseach News en mars 2006. L'an dernier, les acteurs et actrices ont fumé davantage au grand écran que dans les années 1950, selon l'organisme antitabac Breathe California. En 2006, 60 % des superproductions américaines présentaient au moins 15 scènes liées à la cigarette... par heure! Il y a 50 ans, alors qu'il était chic de fumer, les longs-métrages les plus populaires présentaient 10 scènes du genre l'heure. Sur la planète, le tabac tue cinq millions de personnes chaque année, soit l’équivalent de 30 Boeing 747 qui s’écrasent tous les jours. Outch! Visionnez le webépisode « Fume fume fume » et lisez le texte de Yanic Viau sur l’histoire du tabagisme! Source : JDM, Brigitte McCann, 05-03-2007 »

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